La France : paillasson des droits de l’Homme.

La France : paillasson des droits de l’Homme

Samedi dernier, un accord a été conclu à Munich entre le Premier ministre libyen, Fayez el-Sarraj et la ministre des armées françaises, Florence Parly. Cet accord a été annoncé sur le compte facebook du Premier ministre libyen mais côté français, c’est l’omerta. Pas un mot sur le site officiel de la ministre des armées.
 
Et pourtant cet accord est des plus inquiétants : il prévoit notamment la cession de six Zodiac Sillinger aux gardes-côtes libyens. Il s’inscrit ainsi dans la politique européenne de sous-traitance de la réduction des flux migratoires à la Libye . Et ceci, au mépris de toute humanité.
A travers cet accord, la France contribue également au financement et à la formation des gardes-côtes libyens, accusés pourtant de crimes, de torture, de viol, d’abandon en mer, de réduction en esclavage, etc.
 
Cet accord a très clairement pour objectif de renforcer la mission confiée par l’Union Européenne à la Libye : éviter à tout prix l’arrivée des migrant-e-s sur le vieux continent. Plutôt que de choisir la voie de l’humanité et de renforcer les moyens attribués au sauvetage des personnes migrantes en mer, la France a choisi son camp : pactiser avec la Libye et renvoyer des hommes, des femmes et des enfants à tout ce que l’on sait désormais de l’enfer libyen.
 
Enfin, il ne faut pas oublier que ce n’est pas la première fois qu’un pays européen contrevient de manière aussi brutale aux principes fondateurs du droit humanitaire. Le 2 février 2018, l’Italie signait un accord tout à fait similaire avec la Libye visant lui aussi à financer et former les gardes-côtes libyens pour diminuer le flux migratoire. Dès le lendemain, Le Conseil Européen saluait haut la main la conclusion de cet accord.
 
Il y a 12 ans, Rama Yade réagissait à la venue de Khadafi en France en déclarant : « notre pays n’est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort.».
 
Le week-end dernier, nous avons franchi un cap dans l’horreur de l’humanité car c’est désormais la France qui s’essuie les pieds du sang des migrants versé par notre faute, par les accords que nos dirigeants concluent et par notre silence collectif et notre absence de réaction face à l’abomination que génère chaque jour un peu plus la politique européenne migratoire.