L’Aquarius ou le naufrage de notre humanité

 
C’est enfin arrivé. L’Union Européenne a gagné, l’humanité a perdu. Après un an et demi de persécutions, d’harcèlement, de décrédibilisation et de criminalisation incessantes ils y sont parvenus : l’Aquarius reste à port. A jamais.
 
Malgré près de quatre ans d’opérations de sauvetage et près de 30.000 personnes sauvées, ils restaient malgré tout “les méchants”. Les campagnes de criminalisation se sont succédées, dénonciations, auditions parlementaires, menaces, retrait de pavillon, imposition d’un “code de conduite” aberrant par le gouvernement italien, accusations de collusion avec les trafiquants de personnes(1), etc.
 
On ne pourra pas dire qu’ils n’ont pas lutté : sous cette pression démesurée ils ont quand même réussi à poursuivre leurs activités de sauvetage jusqu’à la fin du mois de novembre de 2018.
 
Cela semble d’autant plus invraisemblable quand on sait que ce n’est pas uniquement par humanité que l’on doit porter secours aux personnes en détresse en mer mais qu’il s’agit d’une obligation internationale consacrée dans plusieurs textes à portée obligatoire pour les Etats de l’Union Européenne(2). Ces textes sont pourtant ignorés et même contredits de manière incessante par ces gouvernements .
 
KÂLÎ condamne fermement les actions et “inactions” des gouvernements de l’Union Européenne ayant mené à cette situation. Nous espérons voir bientôt naître un nouvel Aquarius.
 
Pendant que nous débattons de la fin de l’Aquarius, des personnes meurent en mer il n’y a plus personne pour les secourir désormais.
 
Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas puisque de toute évidence nous sommes un continent qui perd jour après jour le peu d’humanité qu’il lui reste.
Or l’humanité ne peut pas être relativisée.
 
(2) Article 98(2), Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, adoptée à Montego Bay le 10 décembre 1982.