Propositions des gilets jaunes, on voit rouge !

Le mouvement des « gilets jaunes » a fait connaître hier 40 revendications résumant leurs positions. S’ils réclament que « les demandeurs d’asile soient bien traités », ils demandent que les déboutés soient « reconduits dans leurs pays d’origine. C’est à vomir.

A KÂLÎ, nous avons plusieurs fois discuté du mouvement des gilets jaunes. Nous en sommes chaque fois arrivées à la conclusion qu’il est pour l’heure impossible de se faire un avis univoque sur leurs objectifs, car les personnes composant ce mouvement sont bien trop hétéroclites politiquement.

Néanmoins, nous aurions aimé les mêmes réserves de leur part.

Depuis des décennies, des personnes sont en situation irrégulière en France et connaissent des conditions de vies difficiles. De nombreuses associations se sont créées pour accompagner ces personnes dans leurs démarches administratives, juridiques ou sociales. Ces associations font un travail de terrain de grande qualité et y associent une réflexion permanente sur la politique migratoire en France.

A KÂLÎ, nous accompagnons des femmes et leurs enfants, qui sont pour la plupart déboutées du droit d’asile car elles n’ont pas réussi à prouver de manière certaines qu’elles risquaient des persécutions en cas de retour dans leurs pays d’origine. Et pourtant ces femmes ont fui des mariages forcés : cela signifie concrètement qu’elles ont été violées pendant des années par un homme qu’elles n’aiment pas. A cela s’ajoutent des violences physiques, psychiques et morales de la part de leur famille et bien souvent des autres épouses de leur mari. Elles ont donc décidé un jour de fuir ces violences et d’émigrer en Europe, parfois enceintes, pour trouver des conditions de vie meilleures.

Doit-on « reconduire » ces femmes, et leurs enfants, dans leurs pays d’origines ? Nous ne le pensons pas.

Doit-on absolument avoir un avis sur cette question alors que l’on ne travaille ni auprès des personnes déboutées du droit d’asile, ni auprès des associations de terrain ? Nous le pensons encore moins.