La lutte contre les violences conjugales régresse !

Le CIDFF de Boulogne fait actuellement face à une situation de crise majeure suite au refus brutal du Maire de verser la subvention à l'association - représentant 20% de son budget - pourtant votée par le conseil municipal en mars. Cette décision a conduit à la suspension des sessions d'informations juridiques depuis le 2 juillet.
 
Dans le département du Loiret, deux postes d'”intervenants sociaux en commissariat et gendarmerie” (ISCG) qui devaient être supprimés seront finalement maintenus face à la colère de la police et des associations.
 
Les violences faites aux femmes ne sont pas un problème que l'on peut se permettre de traiter comme des "faits divers". Les violences conjugales sont un phénomène social, complexe et systémique.
 
Chaque année, 201 000 femmes en moyenne sont victimes de violences conjugales, physiques ou sexuelles. Rappelons également qu'une femme décède tous les 2,5 jours, victime de son conjoint ou ex-conjoint (1).
 
Les violences conjugales peuvent être physiques (coups, maltraitance) et sexuelles (agressions et viols). Mais elles peuvent aussi être administratives (rétention de papiers), économiques (contrôle du budget ou des salaires), psychologiques (harcèlement, dénigrement, humiliation) et verbales (insultes, menaces). Et parfois, tout ça à la fois. C’est ce que l’enquête Virage (Violences et rapports de genre) qualifie de “continuum” des formes de violences au sein des couples (2).
 
La lutte contre les violences conjugales, ce sont des études menées par des chercheurs qui ont notamment permis de démontrer qu'elles concernent toutes les classes sociales (enquête Virage).
 
La lutte contre les violences conjugales ne s'arrête pas aux portes des tribunaux quand les affaires parviennent jusque-là (3).
 
La lutte contre les violences conjugales c'est concrètement : mettre à l'abri les femmes et leurs enfants dans des dispositifs d'hébergement, les accompagner sur un plan matériel, professionnel, psychologique. Et c'est surtout laisser le temps de se reconstruire et de définir son avenir.
 
Et pour tout cela, il faut de l'argent et de l'argent public ! La lutte contre les violences conjugales doit rester une prérogative de l'Etat.
Alors quand l'Etat décide de supprimer des postes (notamment des contrats aidés), lorsqu'une mairie décide de ne pas verser une subvention, c'est indirectement le camp des auteurs de violences conjugales que les personnes publiques choisissent !
 
 
2. L’enquête Violences et rapports de genre (Virage) a été réalisée par l’Ined (Institut national des études démographiques) par téléphone en 2015, auprès d’un échantillon de 27 000 femmes et hommes, représentatif de la population âgée de 20 à 69 ans, vivant en ménage ordinaire, en France métropolitaine.
 
3. En 2016, 43 500 auteurs présumés de violence sur leur partenaire étaient impliqués dans des affaires poursuivables. Pour 14 % d’entre eux, le parquet a classé les affaires sans suite pour inopportunité des poursuites. Les autres, soit 86 % (37 400), ont reçu une réponse pénale : procédures alternatives aux poursuites, compositions pénales ou poursuites.